Y's Blog

juillet 18, 2010

La solitude des enfants du millenaire

Je suis né un an après la date qui fut le titre du fameux livre d’Orson Wells. Ce n’est qu’après quelques années que j’ai découvert le grand ami et camarade qu’est Big Brother. Big Brother n’est pas (plus) une entité abstraite, Big Brother est le cercle de spectateurs qu’on a accepté de laisser entrer pour assister à notre tragédie. L’entrée du média internet et surtout du « chat » révolutionna ma vie, plus que le téléphone portable et les textos ou encore du goût du nutella sur des premiums. Je pouvais communiquer avec mes amis, ceux qui étaient proches, ceux qui étaient loin, ceux qui n’en étaient point.

Tout le monde.

Tout mon monde.

Les lieux de socialisation se sont vite installés sur la toile. Les modes de conversations aussi d’ailleurs. Ils peignaient déjà notre futur, tel un peintre de série télévisée contemporaine. Seulement, nous étions trop loin d’imaginer les changements que cela apporterait à nos vies.

On est devenu dépendant à nos dépends? Non, on a été les victimes de cette addiction sans rien dire, on n’a pas compris et notre vie s’est retrouvé perdu dans la recherche d’une reconnaissance.
Du chat de Voila à Gtalk, en passant par Windows Messenger et AIM, les forums de WinMx, de mIRC et des plus récents skype, HI5, facebook, twitter, j’ai trouvé ce réconfort, cette solution à une addiction dont j’avais ressenti le manque auparavant: l’attention affective. Cette expression je l’invente. Plus je m’interroge sur son sens profond,  plus je me rends compte qu’elle peut être comparée à de l’affection ou à de la reconnaissance. Ces deux notions répondent à un mal être assez commun, le manque d’affection. L’égo dans un océan d’Egos. Je ne dis pas que j’ai été mal aimé, ou que mes parents ne m’ont pas assez aimé. J’ai été aimé.

L’amour n’est pas le point de ce petit article, mais plutôt une brève interrogation et analyse sur la communication entre h o m m e s et f e m m e s.  Sur le net, le silence communique aussi, un vide, un manque, autant que les majuscules communique la rage et la colère. Les non dits sont présents aussi sur le net, entre les longs pseudos, les apparences et styles d’écriture. On cherche tous la démarcation en cherchant la ressemblance. Je n’ai pas de diplôme en communication, ni en sciences humaines, de toute les façons, dans ce qui suit il n’y a pas matière à ça, mais le monde qui nous entoure est fait de contraire, plus il y a d’informations moins nous sommes informés, plus il y a de liberté moins nous sommes libres, plus il y a de monde plus nous sommes seuls.

Bon Voyage.

Vous reconnaissez vos amis à ce qu’ils ne vous empêchent pas d’être seul, à ce qu’ils éclairent votre solitude sans l’interrompre. Christian Bobin

Mes amis, mes potes, mes connaissances et les autres.

Un cercle d’amis c’est combien de personne ? Je crois que j’ai lu quelque part sur une page d’image de lettre qu’on a environ 120 personnes avec qui l’on peut parler brièvement de tout et de rien en se remémorant leurs visages, noms, prénoms et des informations basiques. Au dessus de 120, c’est donc beaucoup trop? Oui et non, car il y a encore une statistique, des 250, des 250 personnes présentes au mariage et enterrement. Dans son compte facebook avoir entre 120 et 250 “amis” serait, sain et raisonnable. Bien sur j’en ai plus, tu en as plus, et si tu n’en a pas plus, c’est que tu ne cèdes pas aux pressions sociales du type : “Pourquoi tu me rajoutes pas?”  Tout le monde veut être l’ami de quelqu’un, mais franchement, trouves quelqu’un d’autre si tu me parles pas vraiment.

Puisque le net est une poubelle, il faut faire le tri. Les amis, mes potes, mes connaisances et les autres, voila ce que devrait être les groupes du cercle de socialisation. Non à l’accumulation , oui au tri. Il faut s’avouer que tout le monde n’est pas un ami, même si cela vous fait plaisir de voir cette personne une ou deux fois par mois, par an, par jamais. C’est toujours sympa de retrouver des anciens connaissances, et même des anciens amis, en croyant que la vie n’a pas fait gentiment son travail d’effacement des mémoires collectives. C’est un peu ce que l’un des plus gros réseaux  du monde a réussi à nous faire croire. Facebook ou comment retrouver des gens qui ne servent à rien au final. Comme la paire de nike uptempo dont j’avais perdu un des cotés chez ma tante et qu’elle retrouva à mon plus grand dam, deux ans plus tard. Ces gens, partie de mon développement, ne sont plus aussi important qu’ils étaient, ils ont contribué certes, à mon bien être, mais si ils font partis du passé, c’est bel et bien pour une raison. Mais non , je ne suis pas méchant. Reconnais.

La reconnaissance est une maladie du chien non transmissible à l’homme. Antoine Bernheim

Je post donc j’existe (si quelqu’un me suit).

Des déboires amoureux, aux annonces de mariage, de divorce, de décès, le divertissement est à son paroxysme sur le net. Soudain, l’attention revient. La présence se fait sentir sur les pages, les mots clés recherchés « mort », « rupture », « tromperie » se répandent aussi vite qu’une rumeur. La rumeur, tu ne l’as stop pas, tu la ralentis et tu attends que cela passe. On est devenu des lofts et les réseaux sociaux sont devenus des fenêtres ouvertes, donnant notre vie, notre spectacle en instantanée. Notre plus grand mal, nous, enfants du , est la transformation de notre vie en un évènement non plus, continue mais instantanée. Comme la mal bouffe, la mal information, la mal vie sociale est une tare pour notre société. Je pose des billets de 20, 50 et 100euros je les prends en photo et je « ball », je vais en soirée je prend soin de prendre ma, pardon mon peuple, MES bouteilles de champagne en photos parce que je veux montrer au monde que je « ball ».

Dans cette expression d’ailleurs il existe une suite, Ball till I fall. Mais quand tu tomberas tout les « like », les , se transformeront malheuresement pour toi en « up yours ».

Victime consentante de la vie des autres, mais pire, victime de l’avis des autres ( ironiquement le mien ^^).

Je post donc je suis, premiere victime.

Note à ceux qui liront ca : un ou des textos, un appel, c’est okay en présence d’amis, mais aller sur facebook et parler à ses amis en présence d’amis, c’est un peu se foutre de ma présence physique.

(chanson : Changements de Orelsan, Amertume de Dissonance et Absences de Gilles Floro)

Tu t’es perdu dans le gigantisme de la communication moderne sans réel repère, car tu sombrais en silence, mais on était la.

On était la.

AgneauPimentE

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2 commentaires »

  1. […] This post was mentioned on Twitter by theY_s and L'Arbre et le Nuage, Yoann Paulin. Yoann Paulin said: La solitude des enfants du millenaire. http://bit.ly/9beLUV […]

    Ping par Tweets that mention La solitude des enfants du millenaire « Y's Blog -- Topsy.com — juillet 18, 2010 @ 1:16 | Réponse

  2. Dooonc?! Pourquoi nous ne sommes pas amis? Je ne sais pas si je crois ta theorie car tu as + de 250 potes… En meme temps, s’inscrire a ce sites veux dire qu’au dela de la confiance affective, tu cherches de la reconnaissance que tu n’as pas encore!
    Commentaire NUL car nous buvons du rum ensemble ce soir 🙂

    Commentaire par Mercier — juillet 31, 2010 @ 5:33 | Réponse


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