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« Gwadloup sé tan nou, Gwadloup a pa ta yo »

« Gwadloup sé tan nou, Gwadloup a pa ta yo »

Dans ce mouvement social qu’est celui se passant en Guadeloupe, une question me vient à l’esprit. Une pseudo révolution oui, mais après? Que signifie Gwadloup sé tan nou, Gwadloup a pa tayo ?

Dans un premier temps, on peut penser que le LKP a trouvé ce slogan pour se défaire de la main mise de l’Etat Français, indivisible, etc. On connait la chanson. C’est à dire une prise en main de la Guadeloupe par les Guadeloupéens, économiquement, socialement, juridiquement et politiquement. Je ne sais pas mais quand j’écris le « ment » de politiquement, il est plus lourd que les autres. Serait ce parce que nos élus sont pire que nous le pensions? Nous savions qu’ils étaient une bande de magouilleurs, de profiteurs locaux. Maintenant, quoique…, on se rend compte qu’ils ne sont pas seulement les dindons de la farce, mais qu’ils sont la farce, l’assaisonnement et « tou sa ka vin’ adan sa ». Mais c’est un autre point.

Alors comment on met ça en place? Un nouveau statut? Ah oui, c’est vrai il y a déjà eu une proposition pour cela! Coucou Saint Martin. Une assemblée commune? Finit le système de REGION/DEPARTEMENT ou DEPARTEMENT/REGION (et le slash est à prendre dans un sens informatique, c’est-à-dire hiérarchique)? Ah oui, c’est vrai il y à déjà eu concertation du peuple… Après on ne peut bien évidemment blâmer personne, les choses arrivent quand elles arrivent. C’est une philosophie de vie qui ressemble plus à une précaution, un non risque, mais qui me semble souvent tomber juste. Lol. J’entends beaucoup dire « Boycottons les produits des super et hypermarchés », j’étais d’ailleurs entrain de le dire aussi. Mais après un mouvement, après une révolution, il faut un ordre. Quel système? Capitaliste bien sur. N’en déplaisent à certains il faut faire avec. Des systèmes de Co-Op, c’est à dire de coopération, entre producteurs de biens serait une alternative bien pensante à ce système de grande distribution. Le producteur devient acteur de la vente de son produit vers le consommateur. C’est une des multiples solutions et je suis sur que tout le monde à une idée sur la question.

En second lieu,  la Guadeloupe, qu’est ce que c’est? Un archipel, extension de la France « métropolitaine », une région et un département français insulaire, l’Europe et un archipel de la Caraïbe. Wow, je n’arrive même pas à dire ca sans reprendre mon souffle et malgré la présence de virgule. Le mouvement du LKP a soulevé, que dis je, crevé l’abcès et ouvert les yeux des borgnes et des aveugles que nous sommes sur des points clés du futur de cette Guadeloupe. Est ce que notre situation montre « juste la voie de ce qui pourrait se passer en métropole » (dixit un homme politique français). Non, monsieur on ne ramène pas tout le mouvement à sa cause. Je ne vous permets pas. De plus, nous ne sommes pas vous, VOUS nous l’avez démontré et vous nous le démontrez encore tous les jours en commentant l’actualité de la Guadeloupe. Ce qui est drôle avec le verbe commenter c’est qu’il s’agit « d’expliquer un texte, une œuvre en l’éclairant de remarques, de jugements critiques en vue d’une meilleure appréciation de sa valeur » et ce qu’on a vu jusqu’à présent est un remarquable et non étonnant silence. Citoyens français? Comme les pécheurs se plaignant de la hausse du gaz? Comme Ben Ali? Comme les troupes à Bagdad? Il y a un piège, deux de ces questions sont incohérentes. Oui, comme la visite de notre chef d’Etat à Bagdad. « Moi je », est la France, soutient la France à l’étranger mais pas mes chers Français des colonies, oups faute de frappe. « Moi je », parle du changement du pouvoir d’achat mais une énorme aberration, un double Etat régule une partie de mon territoire mais « Moi je », reste sourd, « Moi je « , reste muet. Quant à « On m’a volé », rien ne l’arrête, la Guadeloupe, un mouvement social, une élection outre atlantique, on lui a tout volé(e). Mais pas sa réaction, pas sa parole, pas sa place lors de la cérémonie pour AC. Mais rien, « On m’a volé » reste muet(te), car « on m’a volé » n’a qu’un pouvoir celui de répondre quand « Moi je  » dis ou fait mais la « Moi je » se tait.

Citoyens de seconde zone je vous dis. On se plaint? Mais pourquoi? Vous avez le soleil, la plage, les cocotiers et vous êtes assisté et vous vous plaignez tout le temps? En plus, vous êtes riches rapport aux iles voisines. Mais en plus ils ont raison. On a tous ca, avec le crack, l’illettrisme, le plus fort taux d’IVG de la Caraïbe etc. Et ils ont les chiffres à l’appuie, je vous invite à aller voir le site suivanthttp://www.cr-guadeloupe.fr/europe/?ARB_N_ID=697&ARB_N_S=723 et de regarder un peu ou se place la Guadeloupe parmi ces confrères du bassin Caraïbes. Analyser le tableau et voici un extrait du commentaire :

Le PIB de la Guadeloupe ne représente que

60 % du PIB de l’U.E. mais C’est

5 x  celui de la Dominique

6 x celui de la Jamaïque

7 x celui de Cuba

30 x celui d’Haïti

En outre, ces régions caribéennes proposent les mêmes produits (banane, rhum, tourisme) alors qu’ils présentent des coûts de main d’œuvre  plus compétitifs et bénéficient aussi d’accords avec l’Union Européenne.

Pour moi ce genre d’explication de chiffres revient à avoir un raisonnement suivant: les pays Africains ont presque tous un président noir, les USA ont un président noir, donc les pays Africains devraient avoir la même situation économique que les USA. Ca n’a aucun rapport? Oui exactement. On s’en fiche bien de savoir ce que la Guadeloupe a de différent avec les gens de son bassin, mais comparons la Guadeloupe à une région de la France métropolitaine? Puisque si je pense qu’on doit comparer ce qui est comparable, puisque que les DOM sont des départements tout comme le sont l’Ain, le Cantal etc. Oui mais, la Guadeloupe est insulaire donc ce n’est pas la même chose? Ah, c’est vrai l’insularité, toujours le même petit mot qui désigne tant de chose, néo colbertisme, octroi de mer ou de maires. Que faire que proposer?

Je vous invite à rester dans le monde de l’économie qui est très enrichissant en termes de théorie et de non pratique. Qu’est ce que le marché Français économiquement parlant ? Les départements français (inclus ceux de la terre et ceux d’outre mer). Longtemps, nous avons justifié les prix sur l’éloignement de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane et de la Réunion. Oui, le fret a un cout, le pétrole a un cout. Mais pour les autres services ? Pour l’immatériel ? Quand je me suis mis à penser à ce que je vais vous dire, je me suis senti con. Apres avoir fait de l’économie, et du commerce international pendant 8 ans, lu des livres sur le sujet, je me suis rendu compte que nous étions menés en bateau par des principes économique viables, mais totalement utilisés aux désavantages de la population d’outre mer. Les hommes/femmes politiques de l’hexagone (les PAPAS) et les locaux (les ENFANTS) ont laissé les entreprises segmenter un marché qui est par définition le même. Exemple : Pour l’installation des opérateurs de téléphonie mobile en Guadeloupe. Les prix de départs ont été étudiés et fixés dans le but d’augmenter les infrastructures pour le réseau. Les infrastructures coutent chers, puisque tout est à faire mais pas le savoir, pas la technologie mise en place. Pourtant, les économies d’échelles faites en France métropolitaine sont censées inclure les Antilles françaises ? Ce n’est pas comme si l’entreprise est nouvelle, elle existe déjà. Mais la supercherie continue, il suffit de lui ajouter un « Caraïbe » ou un « Antilles » et voila le tour de magie est complet. Ces « nouvelles entreprises » sont faussement justifiées. Okay, la Guadeloupe est loin, okay le marché est petit, mais je connais des endroits dans les Pyrénées, dans les Alpes ou il n’y a personne non plus et pourtant je n’ai pas connaissance de suffixe « Pyrénées » ou autres dans la téléphonie mobile. Le pire dans tout ça, c’est que nous continuons à soutenir cette exception pour notre marché. La beauté de l’économie et de ses théories, c’est justement d’avoir un même principe mais de l’expliquer ou de l’appliquer différemment. Mais, la il n’y a eu aucun effort dans ce sens, la baisse des prix ? Non, la normalisation des prix ? Oui. On se retrouve toujours à lutter pour ce qui parait normal enfin de compte. Peut être est ce le manque d’unité et de solidarité dans notre ile ? Pour cela il faut se poser une autre question.

Qui est la Guadeloupe? Ile multiraciale, je tire mes forces et mes faiblesses de mon métissage et de mon passée esclavagiste, ravagée par plusieurs migrations et batailles, je suis à l’instar de ma cousine la Martinique française, et département d’outre-mer grâce à « Au revoir l’Otan ». J’ai souffert et je souffre encore de mes cicatrices restées ouvertes jusqu’en 1998 pour une reconnaissance que je n’ai toujours pas obtenue. Pas de réparation monétaire, ni du cher principe de reconnaissance de H O B B E S pour des H O M M E S. Je l’ai demandé, j’ai souvent eu ce que j’attendais mais ma vision à court terme, dirigée par des syndicats et non par des partis politiques conscient de ma spécificité, m’a limité à ne recevoir que des os, que je suçais jusqu’à la moelle avant d’en redemander. C’est vrai, la révolution et après? Ce que je vois dans le mouvement et qui n’était pas présent, c’est un réelle envie d’un après, sans pour autant se vouloir « lider maximo ».

Le « gwadloup sé tan nou a pa ta yo » prends de l’importance a ce moment. « Yo », « Nou » mais qui se cache derrière ces mots? On peut voir le problème racial de la Guadeloupe s’expliquer par le manque de moyen, le manque de déboucher et le manque de solidarité. C’était les dominicais, les dominicains, les haïtiens, les blancs, les chinois, les asiatiques, les « nègs » mais jamais les Guadeloupéens. Ça s’était le « Yo », le « NOU » a mon sens doit se définir en tant Guadeloupéens, oui je n’aime pas que  les hauts postes soient donnés à des  non Guadeloupéens si il y en a qui veulent le même poste. Mais ce n’était pas le « Nou » qui empêchait cela de se produire, c’était le « Yo », c’était celui qui disait untel ne fait rien, untel est plus intelligent que untel, plus travailleur. Le « Nou », je l’espère ne va pas oublier un jour qu’il était dans un passé encore présent ce « Yo »,  et que ce « Yo », n’est pas mort. Même à la fin du conflit, il nous faudra garder en tête qu’il plane sur nous comme l’ombre d’Aimé Césaire, de Frantz Fanon, de Delgres, de Solitude, de Ignace et de Toussaint Louverture. Je finirais par dire une chose, qu’il ne faut pas oublier et qui fera la différence entre « Nou » et eux (les pays qui souffrent de leur passé), et que Frantz Fanon a remarquablement souligné dans un de ses livres  » les damnés de la terre » :

People are the same, circumstances are different…ou comme dirait Frantz Fanon, ce qui est important, est de remarquer que le colonisé ne veut pas mettre spécialement fin au système dont il est victime mais juste prendre la place du colon.

AgneauPimentE

Lité Kouté Pwoposé

Le 14 Février 2009

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